"Stefan Ramniceanu, trajectoire artistique"

Razvan Theodorescu

Byzance après Byzance exhibition catalog
September 1989

  ©   Stefan Ramniceanu Studio

© Stefan Ramniceanu Studio

Razvan TheodorescuChairman of the Arts, Architecture, and Audio-Visual department of the Romanian Academy (1993-), former Head of the Romanian television (1989-1992), and Minister of Culture and Religious Affairs (2000-2004)

 
En automne 1985 on pouvait visiter, à la galerie « Orizont » et « Atelier 35 » de Bucarest, la première exposition personnelle d’un jeune peintre - à peine passé de ses 30 ans - dont on commençait beaucoup a entendre le nom dans les milieux artistiques de la capitale de Roumanie. Je dois confier d’avoir alors - et je sais que je n’étais pas le seul- senti une révélation - comme une certitude du lendemain dans l’art roumain.

Stefan Râmniceanu qui a terminé en 1979 l’Institut de Beaux Arts de Bucharest, fait partie de ce genre de combattant qui lutte pour un credo.

L’épreuve de sa place d’exception acquise très rapidement dans sa génération, par Stefan Ramniceanu, s’est faite un autre Automne, celui de 1988, lorsqu’une autre exposition du peintre allait devenir un événement culturel remarquable dans une vie artistique bucarestoise qui n’est pas dépourvue de telles occasions fastes. Pour ceux qui au début de Stefan Ramniceanu rencontrèrent aux galeries, l’expression personnelle - grave et en même temps claire - d’une pensée cohérente et profonde, les toiles et les objets rangés en 1988 entre les murs ruines, anciens de trois siècles de la cour princière de Bucarest, (Curtrea Veche) ont signifié l’achèvement émotionnel et artistique d’une longue trajectoire.

Solennels et hiératiques dans leur essence, anciens que modernes les « Vêtements », les « Boucliers » et les « Cloches » de Stefan Ramniceanu, sillonnent une véritable voie d’initiation dont les racines résident dans l’Esthétique et les croyances de l’orient, les récurrences moyenâgeuses de Byzance et la révélation d’un monde nouveau enraciné dans la mémoire et l’expérience de cette fin du XXème siècle.

Subtil et puissant, fougueux et censure, l’art du peintre roumain Stefan Ramniceanu signifie, dans une clé moderne, le message d’une telle tradition, et la postérité d’une humanité souffrante, mais triomphante.